Texte Libre



"Quels que soient votre vénération pour les maitres tibétains
et votre amour pour le peuple tibétain,
ne dites jamais de mal des Chinois.
Le feu de la haine ne s'éteint que par l'amour
et, si le feu de la haine ne s'éteint pas,
c'est que l'amour n'est pas encore assez fort."

Sa Sainteté le XIVème Dalai Lama


Jeudi 12 novembre 2009
Dans le cadre de la campagne Dhondup Wangchen, voici un modèle de lettre à envoyer à nos sénateurs et députés européens.


Lettre-type à l'attention des Parlementaires

Monsieur le Député / Monsieur le Sénateur /

Madame la Députée / Madame la Sénatrice /

Je m'adresse à vous en tant que [Député/Sénateur] me représentant au Parlement afin de vous prier d'appeler notre Gouvernement à faire pression sur la Chine pour obtenir la libération de Dhondup Wangchen, le réalisateur de films tibétain, en détention depuis 2008 pour avoir voulu exercer pacifiquement son droit à la liberté d'expression.

Dhondup Wangchen [en mandarin: Dunzhu Wangqin] a été arrêté au Tibet le 26 mars 2008 pour avoir réalisé des interviews filmés de simples Tibétains, en recueillant leurs opinions sur les Jeux olympiques, le Dalaï Lama et la politique conduite par les Autorités chinoises au Tibet.  (Les cassettes de ces entretiens avaient pu être sorties clandestinement du Tibet; elles sont désormais accessible au public à travers le film documentaire « Leaving Fear Behind » (Surpasser sa peur), qui donne un rare aperçu de ce que les Tibétains subissent réellement sous l'occupation chinoise. Le film a déjà été projeté dans plus de 30 pays et il peut également être vu sur le site
http://www.leavingfearbehind.com ).


Selon des sources officielles, Dhondup Wangchen a été formellement arrêté en juillet 2008, sur les soupçons d' « incitation au séparatisme et espionnage ». Il a été inculpé en juin 2009. On pense que le procès de Dhondup Wangchen a sans doute déjà commencé.

 

Récemment sa famille a reçu une lettre de Dhondup Wangchen, sortie clandestinement de sa prison. Il écrit ceci: « Il y a quelques jours j'ai fait un affreux cauchemar. J'ai été soudain taraudé d'inquiétude que quelque chose de terrible ne soit arrivé dans notre famille. Je m'inquiète pour mon père et ma mère, très âgés. J'ai très peur pour eux. Pourrait-on me faire savoir quel est leur état de santé ? Soyez francs avec moi. Quant à moi, il n'y a pas lieu de trop s'inquiéter. J'assumerai mon destin. Je suis conscient du fait que ma libération sera très difficile à obtenir, et que je risque une peine d'emprisonnement plus longue encore. Mais j'éprouve surtout le sentiment de n'avoir pas été suffisamment attentif au sort de mes parents. Mon procès a commencé. Il n'y a rien de positif que je puisse partager avec vous. Le verdict est impossible à prédire. »

D'autre part, des responsables chinois ont récemment dit à des représentants d'un Gouvernement étranger que ''la procédure judiciaire était désormais en route''. S'il est reconnu coupable, Dhondup Wangchen risque de se voir infliger une très lourde peine. La Chine a rejeté les demandes émises par des observateurs indépendants souhaitant pouvoir assister au procès de Dhondup. Il est donc fortement à craindre que le procès de Dhondup Wangchen ne se déroule à huis clos. En plus, on lui a refusé le droit d'être défendu par un avocat choisi par sa famille (Li Dunyong du cabinet d'avocats Gongxin de Pékin).

 

On peut d'autant plus craindre que Dhondup Wangchen ne bénéficie pas d'un procès juste et équitable, qu'au moins deux Tibétains viennent d'être exécutés à Lhassa le 20 octobre 2009. A l'évidence leurs exécutions sont l'aboutissement d'une décision politique, et non d'un processus judiciaire équitable. Ces jeunes tibétains avaient pris part aux manifestations qui s'étaient propagées dans tout le Tibet au printemps 2008.

Bientôt le Président américain Barak Obama se rend en Chine (du 15 au 18 novembre 2009), et nous arrivons à un moment réellement crucial où tous les Gouvernements doivent s'efforcer de faire pression sur la Chine pour obtenir la libération de Dhondup Wangchen et de tous les autres prisonniers d'opinion: il faut de plus appeler fermement les Dirigeants chinois à faire en sorte que les accusés bénéficient de procédures judiciaires vraiment équitables et ouvertes.

Aussi Monsieur le Député / Monsieur le Sénateur / Madame la Députée / Madame la Sénatrice, je vous prie instamment de bien vouloir rapidement adresser un appel à notre Gouvernement pour qu'il s'entretienne dans les délais les plus brefs avec ses homologues chinois, afin de

1) demander des informations complètes sur le procès de Dhondup Wangchen, en particulier les chefs d'accusation à son encontre et l'état d'avancement précis du procès ;

2) obtenir l'autorisation d'envoyer des observateurs à son procès, pour s'assurer que Dhondup Wangchen bénéficie bien d'un procès traitant de tous les aspects de l'affaire, ouvert au public, comme la Constitution chinoise est censée le garantir; demander que Dhondup Wangchen soit autorisé à bénéficier de l'avocat de son libre choix ;

3) demander la libération immédiate de Dhondup Wangchen: on ne peut en effet qualifier de « crime » le fait d'avoir exercé pacifiquement sa liberté d'expression, un droit garanti par la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Je vous prie sincèrement d'agréer, Monsieur le Député / Monsieur le Sénateur / Madame la Députée / Madame la Sénatrice, l'expression de mes sentiments les plus respectueux.

 

[votre signature +

Mme/Mr  prénom et nom, Association, etc.]




Voici la liste de nos sénateurs sur le lien ci dessous.
 
 
 
Pour pouvoir envoyer la lettre à tous nos députés européens du sud est de la France cliquer sur le lien ci dessous.
 
Afin de faire pression, il faudrait que tous les membres (et/ou sympathisants) de LDNMB envoient ce courrier en leur nom propre
Par Association Lions des Neiges Mont-Blanc
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Lundi 14 septembre 2009






« PRISONNIERS DU TOIT DU MONDE »

vernissage du film


vendredi 25 septembre
à l'Undertown
1 place des Cinq-Continents
1217 Meyrin (Suisse)
 dès 19h30







 Témoignages d’anciens détenus politiques

Dans nos mémoires, le sort du Tibet est en jeu. Et cela va bien au-delà d’une terre, d’une religion ou d’une culture. Entendre sa voix, c’est entendre la nôtre, celle de notre humanité commune. Le Tibet n’est pas un rêve ni une terre lointaine. Il est la somme de ces histoires où coule la mémoire de tout un peuple nous rappelant à nous-mêmes et au monde qui est le nôtre. Le Tibet est notre histoire, celle d’une humanité fragile placée entre nos mains et dont le sort dépend.

Du Tibet, vous en avez tous entendu parler. Mais cette fois, et c’est une première, nous voulons vous présenter un travail sur la mémoire. À notre connaissance, jamais il n'y a eu de documents filmés aussi complets mettant en valeur la richesse exceptionnelle des témoignages dont sont porteurs de nombreux Tibétains vivant en Suisse. D'où l'envie de  ce film.

Au départ, cette aventure nous a été suggérée par Tsamchoe Wiederkehr, la présidente de la Communauté Tibétaine Suisse Romande (CTSR).

"Pourquoi ne pas faire un tel film?" nous a-t-elle demandé. Et c'est  ainsi que nous nous sommes engagés, sans savoir vraiment quelles  difficultés nous allions rencontrer. En revanche, nous étions sûrs d'une chose et nous le savons encore mieux aujourd'hui : il y a en  Suisse, sur cette terre d'accueil, des femmes et des hommes extraordinaires qui ont voué leur vie à une cause, celle du Tibet.

Mais qui les connaît vraiment ? Et qui les a déjà entendus ? Très peu de gens !

Aujourd'hui, le Tibet ne doit pas seulement faire face à son isolement politique et aux besoins de nouvelles stratégies face au pouvoir colonial chinois. Il doit aussi se préoccuper de sa mémoire et de sa transmission. Le futur du Tibet dépend de la vivacité, dans l'esprit des jeunes générations vivant en Suisse et dans les autres pays de la diaspora.


Il n'y a pas de pays sans culture et sans récit. En voici deux :

§           Celui de Monsieur Takna Jigme Sangpo, âgé de 83 ans et qui a passé 37 ans de sa vie en prison.

§           Et celui de Madame Phuntsok Nyidron, âgée de 40 ans, et qui, pour sa part, a passé 15 ans en prison.

Entendre leur voix et s'enrichir de leur témoignage, même s'il est le fruit d'un non respect flagrant des droits de l'homme, c'est devenir soi-même porteur d'une part infime de leur histoire.

La CTSR a financé ce projet avec la collaboration de Nicolas Miesegaes de l’Undertown à Meyrin, KNM Prod et Vincent Thaon du studio Shazam. Ils  ont offert leur talent et leur professionnalisme pour la réalisation de ce film portant sur le témoignage de deux anciens détenus politiques Tibétains à qui la Suisse a octroyé l’asile politique.

A travers ces deux récits, nous voulons rendre hommage à toutes ces femmes et hommes qui ont perdu leur vie au nom de la liberté et à tous ceux qui souffrent de la répression chinoise pour avoir revendiqué leurs droits fondamentaux et la cause du Tibet libre.



Contacts :
 
Tsamchoe Wiederkehr (Présidente de la CTSR)
 079 224 44 72
 
tsamchoe.wieder@sunrise.ch

Deki Youdon  
076 332 67 65
deki@tibetblog.ch

Par Association Lions des Neiges Mont-Blanc
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Mardi 11 août 2009




Yeshi Dolma donne cet été

une série de 
conférences

en France et en Suisse.

 

Qui pourrait croire que cette frêle jeune femme ait enduré de tels sévices ?
Yeshi Dolma, ex-prisonnière tibétaine,
racontait sa détention, ses années de torture en prison et sa nouvelle vie en Inde, dimanche 9 août
à l'espace Olca aux Houches.
 


Environ soixante-dix personnes assistaient à la soirée,
organisée par l'association Lions des Neiges Mont-Blanc (1). En première partie, un film (2) présentait une conférence donnée trois jours auparavant.


 




Yeshi Dolma - photo S.Da Costa.



"A vingt ans, j'ai participé en 1992 à une manifestation pacifique sur le parcours du Barkhor à Lhassa. Je tenais un drapeau tibétain qu'un policier m'a arraché des mains. Avec le porte drapeau, je l'ai frappé et j'ai été arrêtée, on m'a suspendue en l'air par les mains de l'après-midi au lendemain. Puis je suis allée en prison, j'ai été battue et enfermée dans une toute petite cellule sans lumière."

Un an après, elle apprend sa sentence : six ans de prison. Là
commencent des années  terribles où Yeshi Dolma est forcée de s'occuper des latrines. L'odeur des  excréments qu'elle transporte éloigne les autres prisonniers. Autre obligation, les exercices militaires qu'elle ne sait pas effectuer. Elle est régulièrement frappée. Elle tombe malade. Elle relate, avec des accents de colère dans la voix :

" Deux gardiens me traînent, chacun me
soutenant sous les bras. A l'infirmerie, on ne me fait même pas asseoir ou coucher pour me faire une piqûre. Puis retour immédiat à la cellule."


En 1998, avec d'autres détenues, elle entame une grève de la faim. Au bout de cinq jours, les
gardiens les battent avec une violence extrême et arrêtent la grève dans un bain de sang. Yeshi Dolma garde des séquelles de ces sévices. Elle porte des lunettes et souffre de troubles de l'audition.

La seconde partie de la soirée est consacrée à la sortie de
prison de Yeshi Dolma et aux années qui ont suivi, sous forme de débat avec le public. Elle arrive du fond de la salle et s'assoit tout simplement, timide et comme gênée de focaliser tant d'attention. Elle évoque avec beaucoup d'émotion sa sortie de prison et la mort de ses parents, peu après. Yeshi Dolma se marie et met au monde une petite fille. Elle ouvre un restaurant. Yeshi Dolma est libre, certes, mais surveillée continuellement par les autorités chinoises. A titre d'exemple, elle doit pointer tous les mois à Lhassa alors qu'elle vit et travaille dans le comté de Nari. Le voyage aller-retour dure sept jours et coûte cher ! La solution de l'exil devient son seul espoir. En 2006, toute la famille traverse le Népal avant de s'installer en Inde à Dharamsala. Yeshi Dolma rapporte :

"Les quinze jours de 
traversée à pied ont été très pénibles. Le papa a porté notre enfant . Nous sommes arrivés épuisés et affamés, sans nourriture les deux derniers jours."

A l'arrivée : le bonheur de rencontrer le Dalaï-Lama et surtout de ne plus avoir peur tous les mois des policiers.
Yeshi Dolma fait partie aujourd'hui des 120 000 exilés tibétains vivant en Inde.


Marilyn Beaufour



Le Tibet


Superficie : 2,5 millions de km² (5 fois la France).
Capitale : Lhassa (altitude 3630 m)

Altitude : 4300 m en moyenne, jusqu'à 8848 m (l'Everest à

la frontière du Népal).

Population : 5,8 millions de tibétains et 7,5 millions de chinois.

Langue : le tibétain mais le mandarin est imposé.

Religion : Boudhiste (90%), Musulmane, Chrétienne et Bön

(la religion avant le Boudhisme).

Chef spirituel : Sa Sainteté le 14ème Dalaï-Lama.

Richesses souterraines : uranium (moitié des réserves

mondiales) et de gigantesques filons de fer, de plomb, de

borax (minerai utilisé pour les composants électroniques),

de cuivre, de lithium, d'or, de pétrole et de charbon.

Economie : les services sont réservés aux chinois.

L'agriculture et l'élevage sont réservés aux tibétains.
Le
chômage urbain est important.



Chronologie de l'invasion

du Tibet par la République

Populaire
de Chine

 

Octobre 1949 : création de la République Populaire de

Chine et début des incursions militaires.

17 novembre 1950 : le 14ème Dalaï-Lama investit les

pouvoirs les pouvoirs spirituels et temporel, devient chef de

l'Etat tibétain.

23 mai 1951 : Une délégation européenne se voit contrainte

de signer à Pékin, sous la menace d'une invasion militaire

de tout le Tibet, « l'accord en 17 points sur les mesures

visant à libérer pacifiquement le Tibet ». Le sceau du Dalaï-

Lama est même falsifié. Depuis cet accord, la Chine s'en

sert pour justifier son occupation du Tibet.

10 mars 1959 : soulèvement général à Lhassa contre

l'occupation chinoise qui fait 87000 victimes tibétaines.

17 mars 1959 : fuite et exil du Dalaï-Lama en Inde.

2006 : le train Pékin-Lhassa est considéré comme la

deuxième colonisation du Tibet par la Chine.



Bilan de la colonisation

du Tibet par la Chine


1 200 000 millions morts entre 1959 et 1978.

6000 monastères détruits, la presque totalité.

136 000 tibétains vivent en exil.

Transfert de population : les chinois sont plus nombreux

que les tibétains.

Violation des droits de l'homme : avortements et

stérilisations forcées, exécutions , arrestations arbitraires,

travail forcé, tortures, restriction des pratiques religieuses,

discrimination en matière de travail, de logement, de

éducation, de soins médicaux, liberté d'expression réduite,

d'association...

Le plus jeune prisonnier politique du monde est tibétain. Il

est en prison depuis ses six ans en 1995 et s'appelle

Guendun Choekyi Nyina. Il est le 11ème Panchen Lama,

2ème autorité spirituelle dans le boudhisme tibétain.

Désastre écologique : déforestation massive, exploitation

des ressources naturelles, dépôts de déchets radioactifs,

expérimentation d'armes chimiques, pollution

 





 

 

(1) Association Lions des Neiges Mont-Blanc (Les Houches)http://lionsdesneigesmontblanc.over-blog.com


(2) Film tourné par l'association Urgence Tibet - Briançon
lors de leur semaine du Tibet du 3 au 8 août.

Par Association Lions des Neiges Mont-Blanc - Publié dans : Evénements
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